Le balancement

Le balancement est un concept visible en entreprise. Imaginez une balance traditionnelle avec deux plateaux et des poids. Cet outil est utilisé pour représenter la justice. Le balancement c’est lorsque deux décisions sont comparées et que la solution penche plutôt d’un côté que de l’autre.
Dans les sociétés on retrouve ce combat entre deux visions tous les jours. De la vision macro, guerre entre business model et fonctionnalité, à la vision micro, les guerres d’égos en entreprise. 

Le balancement : la guerre entre business model et fonctionnalité 

Guerre entre business model et fonctionnalité : le choix des annonceurs est basé sur la taille de leur entreprise

La guerre entre business model et fonctionnalité concerne les entreprises digitales. Ce balancement est visible dans beaucoup de sociétés. Un raccourci simple serait de dire : 

  • La fonctionnalité est intéressante pour l’utilisateur. Elle lui procure une meilleure expérience. 
  • Le business model est basé sur le fournisseur de service. Il est souvent contradictoire avec la fonctionnalité. 

Le schéma que l’on rencontre dans la majorité des cas : une startup qui démarre crée un produit digital qui est basé sur les utilisateurs. C’est donc la fonctionnalité qui impacte le balancement. Après avoir gagné un nombre important d’utilisateurs, les charges augmentent (principalement masse salariale et infrastructure). Le business model prend donc plus de poids dans les décisions. Le balancement s’inverse. 

On peut voir ce concept dans le film The Social Network de David Fincher, sorti en 2010. Ce film retrace les débuts de Facebook. On peut y voir les membres fondateurs dire deux phrases puissante : “Advertising sucks. Facebook is cool because there are no ads.” Aujourd’hui Facebook est une régie publicitaire qui revend les données de ses utilisateurs aux annonceurs. C’est le concept de l’économie de l’attention. Plus les entreprises sont grandes, plus le balancement est dur. Les GAFA doivent faire de l’argent, c’est pour ça que notre vie privée digitale est exploitée au maximum. Une solution ? Privilégier l’intérêt collectif ? Taxer les GAFA sur leur utilisation des données ? Pour cela, il faudrait qu’ils paient leurs taxes.

Les budgets des annonceurs sont la clé pour équilibrer le balancement entre business model et fonctionnalité

Pour faire évoluer un produit digital, il faut du temps ou de l’argent. Un annonceur va souvent vouloir le meilleur de son produit avec le minimum de budget. La tentation est forte de se comparer aux plus gros (ex : “j’aimerai le même site qu’Apple”). Avant d’atteindre cette qualité, il faut des moyens. Les équipes travaillant sur les projets pris en exemple sont souvent très nombreuses. Si vous n’avez pas les moyens de vous payer 50 développeurs, revoyez vos ambitions à la baisse. Pour avoir la capacité de faire évoluer sa masse salariale, il faut balancer du côté du business model. Une fois que vous aurez de l’argent, vous pourrez améliorer votre produit digital. C’est un cercle vertueux ou vicieux, selon la réussite ou non de vos actions. 

En agence, on rencontre souvent des annonceurs qui ne souhaitent pas communiquer leurs budgets. Souvent par peur de se faire avoir. Ce qu’ils ne comprennent pas c’est que l’agence va chiffrer au temps passé. Ainsi pour un même projet, elle peut vous faire une proposition à 50K € comme à 100 K€. Mettre en place des choses doit se faire dans un cadre budgétaire sinon on fait des propositions commerciales hors sujet. 

Le balancement : les guerres d’égo détruisent les sociétés

Image renvoyée et réalité : l’égo pèse dans le balancement

Toutes les semaines, on entend parler de startuppeurs qui souhaitent révolutionner le monde. La réalité est souvent bien différente que l’image renvoyée. La phrase adorée de l’univers startup en atteste “Fake it until you make it”. Cet article de Valentin Decker sur le sujet est très intéressant. 

Lorsqu’on analyse ce comportement absurde, on comprend que les fondateurs souhaitent renvoyer une image de grandeur, réussite sans même avoir travaillé pour l’atteindre. C’est ce qui amène souvent une entreprise à vivre en deux temps : 

  1. Croissance : on travaille pour devenir gros, en simulant la réussite alors qu’on a pas de clients. Un exemple récent : Clubhouse lève plusieurs millions de dollars avant même d’avoir sorti un prototype. L’app n’était encore qu’un concept
  2. Le pic de réussite : l’entreprise est devenue imposante, maintenant il faut mettre l’égo de côté et la faire vivre dans le temps. Un exemple média : Konbini qui, après avoir pris de l’importance produit du contenu de marque pour ses clients annonceurs au détriment de la qualité. 

C’est un phénomène de société. Nous respectons les personnes qui réussissent financièrement ou qui ont de la notoriété. Ainsi tout le monde souhaite devenir riche et célèbre, à différent niveau. Ce qui donne lieu à des guerres d’égos qui détruisent les sociétés.

On le voit régulièrement dans les projets. J’ai eu la chance d’échanger avec le numéro 2 de la maintenance automobile en France pour la refonte de son site internet. Après m’avoir présenté le projet, je recommande de travailler différemment pour éviter l’échec projet. La méthode n’avait pas de sens (site en premier et positionnement ensuite). Le client m’a répondu une phrase choc : “je sais mais ma direction veut fonctionner comme ça”. Un exemple parfait d’égocentrisme : croire qu’on sait tout car on est le chef. 

Soft skills et hard skills : le balancement entre une chose concrète et une chose abstraite est dictée par l’égo

Les soft skills représentent le savoir être en entreprise. Ce sont tous les comportements qu’une personne aura pour s’intégrer, agir comme le groupe, vivre en communauté. Par exemple : si tout le monde va déjeuner à 12h30 et que vous venez d’arriver dans l’entreprise, vous prendrez votre pause déjeuner à ce moment. Autre exemple : si tout le monde porte une chemise, vous mettrez des chemises. 

Les hard skills représentent les compétences dans le travail. Si vous êtes commercial, c’est votre savoir en vente. Si vous êtes designer, c’est votre force créative et votre maîtrise des outils. 

Aujourd’hui, en France, la plupart des personnes qui font carrière sont bons sur ces deux éléments. En revanche, on voit souvent des personnes grimper en échelon quand le balancement tend vers l’un ou l’autre. Souvent, il s’agit du soft skill au détriment du hard skill. En effet, si une personne flatte l’égo d’un manager, ce dernier aura tendance à l’apprécier et tolérer les erreurs. 

Le monde de l’entreprise juge les gens sur des choses qui ne sont pas naturelles. 

Une dérive de ce type de comportement est le manque de prise d’initiative, par “peur” de la hiérarchie. Les collaborateurs se figent dans leurs missions et n’ont pas la curiosité de voir ailleurs. On le voit dans la prospection. 80% des gens n’acceptent pas une discussion, sans même savoir ce que va proposer l’interlocuteur. Les pensées récurrentes : tous les acteurs sont identiques, j’ai déjà une solution similaire, je n’ai pas le temps. 

Sans passer trop de temps, tout le monde devrait écouter ce que les interlocuteurs ont à dire. Ils en tiraient de la valeur : veille, découvertes de nouveaux usages, moment plus agréable dans leur journée de travail. 

Le balancement : l’art d’éviter les conflits pour gagner les guerres

Le compromis permet d’équilibrer le balancement en entreprise

Le mieux est l’ennemie du bien. Si vous souhaitez gagner une guerre d’égo, vous allez finir par perdre du temps et créer de la frustration. En faisant des compromis, vous arrivez à équilibrer la balance. Un exemple de projet : le SEO. Si vous cherchez à être efficace à 100%, aucune action ne sera mise en place. Si vous y allez par étape :

  • structure technique du site
  • création de contenu
  • netlinking

Vous obtiendrez des résultats à plus long terme qu’en lançant tous les chantiers en une fois. En revanche, vous arriverez à votre objectif. Si vous lancez tous les sujets en même temps, plus de chance d’arrêter en cours de route. 

C’est pareil pour les guerres d’égo ou le combat fonctionnalité/business model. En gardant en tête la finalité et l’objectif de l’entreprise, vous arriverez à équilibrer le balancement. 

Comment déceler le balancement et l’équilibrer en évitant les conflits

Pour déceler les balancements j’utilise une méthodologie très simple, qui peut s’appliquer également à la vie privée : 

  1. Analyse : étudier la situation de manière objective
  2. Objectif : savoir le but qu’on veut atteindre, en se basant sur l’analyse
  3. Stratégie : trouver comment arriver à atteindre l’objectif
  4. Moyen : lister les actions et budgets pour déployer sa stratégie

Grâce à cette méthode d’analyse simple, vous arriverez à prendre du recule en entreprise et éviter les comportements absurdes. La vie ne se résume pas au monde du travail. 

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